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Les loisirs des travailleurs en loisir ou comment éviter de devenir un cordonnier mal chaussé ?

Par Marie-Laurence Audet


Pour plusieurs, le 1er janvier rime avec la tradition de choisir une résolution pour le Nouvel An. À cet effet, il me fait plaisir de vous partager une piste de réflexion…

« Le loisir se situe au carrefour de trois dimensions que sont le temps libre, la liberté de choix et les activités. Il exerce un rôle essentiel dans le développement des communautés territoriales ou sociales. Il est une composante déterminante de la qualité de vie et la santé des personnes, contribue au développement du capital social et constitue un lieu d'expression et d’apprentissage de la vie démocratique. » - Conseil québécois du loisir (CQL)


C’est dans la pratique de loisirs que plusieurs découvrent leurs champs d’intérêt, leurs passions. Il est donc tout à fait naturel, avec le temps, de souhaiter parfaire nos connaissances et compétences dans ces secteurs lorsque plaisir et talents sont au rendez-vous.


Cependant, qu’en est-il lorsque ces mêmes loisirs deviennent une vocation professionnelle, qu’un certain standard de performance y est attendu et qu’un salaire s’y rattache dorénavant?

C’est entre autres le cas des athlètes ou musiciens professionnels qui ont, pour la plupart, débuté au stade de l’initiation, sans nécessairement se douter dès le départ que cela les mènerait à un niveau aussi élevé. On retrouve beaucoup cette réalité dans les emplois moins traditionnels où le choix est davantage venu de l’intérêt d’une pratique de loisir, plutôt que d’un certain talent remarqué dans une matière scolaire obligatoire.

J’aborderai plus précisément cette réalité appliquée au travailleur en loisir.


Ce qui mène une personne à faire des études dans le secteur du loisir est rarement relié à une pression ou obligation familiale, mais davantage à la découverte d’un emploi en lien avec ses implications et passions (sport, art, plein air, etc.) et requérant un profil dans lequel on se reconnaît. Le profil type recherché pourrait se définir par une personne impliquée, polyvalente, sociale, dynamique et qui possède un intérêt pour la planification et l’organisation!


Quel coup de cœur lors de la découverte qu’il est possible de faire carrière dans ce qui était initialement sa passion et ses loisirs!


Afin de rester toujours aussi convaincant dans son discours concernant l’importance de la pratique de loisirs pour l’équilibre d’une personne et l’impact positif de ces derniers dans une communauté, le professionnel en loisir devra alors éviter une erreur; celle de ne plus avoir de loisirs distincts de ses fonctions professionnelles!


J’ai [trop] souvent entendu des professionnels en loisir mentionner :

  • qu’ils ne souhaitaient plus se costumer lors de fêtes ou animer lors de moments familiaux, car ils l’ont trop souvent fait dans le cadre de leurs emplois;

  • qu’ils n’allaient plus dans les festivals dans leurs temps libres, car ils œuvrent désormais dans le domaine événementiel;

  • qu’ils ne s’impliquent plus bénévolement à même les comités dans leur communauté, car ils siègent déjà sur plusieurs dans le cadre de leurs fonctions professionnelles;

  • qu’ils ne suivent plus de cours au centre des loisirs, car ce lieu représente davantage un synonyme de milieu de travail et rend ainsi plus difficile le décrochage dans leur temps libre.

Tout comme la règle de sécurité dans les avions qui fait mention que « lors d’une situation d’urgence, avant d’aider une autre personne à mettre son masque d’oxygène, il faut d’abord prendre le temps d’installer le sien »; le professionnel en loisir devrait, dans son cheminement professionnel, faire une coupure entre ses propres loisirs et ce qui relève maintenant de ses fonctions professionnelles, afin de rester équilibré. Cela lui permettra alors de poursuivre son offre de services, en conservant cette même passion qui l’avait initialement motivé à débuter en tant que professionnel dans ce merveilleux monde du loisir!


Je vous laisse sur quelques questions qui pourront alimenter votre réflexion sur le sujet :


  • Quelles activités vous passionnaient le plus lorsque vous étiez enfant ?

  • Quel était votre métier de rêve lorsque vous étiez plus jeune ?

  • Lorsque vous fermez les yeux, vous créez quoi ?

  • En faisant quoi ressentez-vous un sentiment de liberté ?

  • Qu’avez-vous le plus hâte de faire lors de vos journées de congé ?

Osez vous retrouver dans ces réflexions et puisse cette prochaine année vous apporter toute la satisfaction recherchée dans vos propres loisirs.

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