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Le loisir; un privilège ou un droit?

Par Marie-Laurence Audet


Bien que le loisir ne se voit pas octroyer une place centrale dans les enjeux abordés lors des campagnes électorales, il n’en demeure pas moins que l’ONU le reconnaît au même titre que le droit à l’éducation et à la santé!

Le 10 décembre 1948, le loisir s’ajoute à la liste des droits humains fondamentaux reconnus par la Déclaration des droits de l’homme, adoptée par l’Organisation des Nations Unies (ONU). On le retrouve au même titre que le droit à l’éducation et à la santé!


Plus récemment, le 10 octobre 2008, l’Organisation mondiale du loisir (seule organisation civile reconnue par l’ONU) adopte une charte et une déclaration sur le sujet dans le cadre de son Congrès mondial du loisir à Québec. À même cette déclaration, il est énoncé que « Le loisir exerce un rôle essentiel au développement des communautés: il agit sur la qualité de vie et la santé des personnes, contribue au développement de liens sociaux et du capital social et constitue un lieu d'expression et d'apprentissage de la vie démocratique ».

Malgré cette reconnaissance qui représente une avancée significative dans les hautes sphères de la société, il reste encore plusieurs défis reliés à sa mise en application au quotidien.


Il semblerait qu’une grande majorité des gens perçoivent encore le loisir comme un privilège, lorsque nous constatons qu’il est tributaire d’un comportement attendu. C’est-à-dire que nous allons nous permettre une activité de loisir que si nos obligations quotidiennes sont comblées.


Par exemple :

Situation A : mauvais comportement en classe. Solution : privé de récréation.

Situation B : semaine chargée. Solution : absentéisme à la pratique de hockey ce soir.


Pourtant, jamais on n’assisterait à :

Situation A : mauvais comportement en classe. Solution : privé du cours de mathématique.

Situation B : semaine chargée. Solution : absentéisme au travail aujourd’hui.


Ces comportements renforcent la vision du loisir en tant que luxe ou privilège et sur le fait qu’il peut être facilement retiré de l’horaire sans conséquence.


Il est pourtant démontré qu’une personne reposée et dont les sphères sont équilibrées (temps partagé entre son travail, ses obligations et ses loisirs) sera plus performante professionnellement et aura une meilleure santé physique et mentale. De ce fait, il serait intéressant que les employeurs emboîtent le pas de sa reconnaissance et en fasse même la promotion auprès de leurs employés.

Le loisir est encore un concept superflu pour certains puisqu’il s’agit d’une pratique par choix, à son rythme, sans obligation, sans pression, dans un cadre non-compétitif, un temps de ressourcement, un moment de tranquillité…Difficile à assimiler pour une société axée sur la performance et dont l’horaire chargé au quart de tour dicte le ton de ses journées.


Pourtant, la pratique de loisirs a fait ses preuves quant aux impacts positifs et bienfaits qui en découlent; diminution du stress, adoption de saines habitudes de vie, augmentation de la créativité, valorisation des rôles sociaux, bris de l’isolement, etc.

Personne ne peut être contre sa vertu, mais son application concrète se complexifie lorsque vient le temps de lui trouver une place à l’agenda.


Depuis plus de 70 ans, notre société a fait d’énormes progrès quant à la reconnaissance du loisir. Il reste cependant beaucoup à faire pour que le loisir occupe la place méritée dans nos communautés. Souhaitons-nous qu’un jour cet enjeu s’ajoute aux volontés de conciliations déjà entamées; conciliation travail/loisir/famille, il me semble que ça sonne bien, non?

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