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L’art de ne pas travailler

Par André Boudreau


Quand je suis retourné aux études à l’âge de 29 ans, après une courte carrière en soins infirmiers, je me cherchais un domaine dans lequel je pourrais prendre le temps de bien m’occuper de la clientèle, car le système de santé étant ce qu’il est, ce n’était pas facile.

Après un court processus d’orientation, mon choix était fait : je retournais faire un DEC en Techniques d’intervention en loisir (programme maintenant renommé Gestion et Intervention en loisir) au Cégep du Vieux Montréal! Un beau métier où je pourrai planifier, organiser et animer des activités dans plusieurs milieux, que ce soit en milieu scolaire, institutionnel ou municipal. Un domaine où on fait une différence, où on permet aux gens de découvrir de nouvelles passions, où des amitiés et des rires sont générés tous les jours. Tout semblait beau, dans le meilleur des mondes !


Puis, j’ai réalisé que plusieurs des gens de mon entourage, possiblement par ignorance, ont tenté de me décourager d’aller étudier en loisirs. « Tout le monde peut faire ça, pourquoi retourner à l’école pour étudier ce domaine ? » ou « Tu vas être animateur de camp de jour ? » sont des phrases que j’ai entendues à répétition. J’en suis même venu à douter de mon choix, car je n’avais jamais envisagé qu’il fut possible de penser ainsi de cette belle profession, mais qu’en même temps, je ne voulais pas avoir à « convaincre » les gens que je faisais un « vrai » métier…


Ça fait maintenant 15 ans que je suis gestionnaire en loisir. Lorsque j’analyse le chemin parcouru, je constate, qu’effectivement, ce n’est pas un « vrai métier » dans le sens traditionnel du terme. C’est un emploi dans lequel on s’amuse et où notre but premier est que les participants vivent des expériences enrichissantes et positives. C’est un domaine où, si on a bien fait notre travail, aucun participant ne se rend compte de rien, l’événement ne fait qu’avoir lieu et les organisateurs n’ont pas l’air à travailler bien fort.

Mais détrompez-vous : il y a en fait plusieurs étapes à la planification : la préparation, l’organisation, la réalisation et autres étapes préalables aux événements par lesquelles les gestionnaires en loisir passent avant la tenue de leur événement. Sur place, il ne reste qu'à s’assurer que tout s’orchestre tel que prévu.


Je continue de croire que mon choix de retourner aux études en 1995 a finalement été non seulement le meilleur choix que j’aurais pu faire, mais aussi qu’il était nécessaire de faire ce processus afin de devenir un bon gestionnaire en loisir. On nous a appris à comprendre la structure d’un événement, en plus de se faire plusieurs contacts professionnels. Les notions qui m’ont été enseignées me servent encore au quotidien, 15 ans plus tard.


Je ne remercierai jamais assez mes professeurs et collègues pour tous ces apprentissages! Quand on se réalise dans notre profession de technicien d’intervention en loisir et lorsqu'on a la chance de voir nos participants sourire et s’épanouir, il est possible de penser qu’on ne travaille pas ; on vit plutôt un rêve!


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